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La princesse du Val d’Aoste 2 avril, 2014

Posté par Xuan VINCENT dans : Sentimental , ajouter un commentaire

Début de la nouvelle :

1 

Elle arrivait au bout du voyage. La fatigue se lisait sur son visage. A l’extérieur de la voiture, une fine pluie menaçait de ruiner son délicat maquillage et de mouiller sa robe de soirée. Toutefois, d’un geste impérieux, elle congédia le cocher.

 

-         Vous pouvez poursuivre votre route, Vittorio. Une chambre vous est réservée à l’auberge du bourg. Soyez ponctuel demain matin, nous devrons être de retour chez mon fiancé avant la tombée de la nuit.

-         Soit, Mademoiselle, vous pouvez compter sur moi.

Sur ces paroles, l’homme regagna son siège, fouetta ses chevaux et bientôt la calèche disparut derrière un rideau d’arbres. La jeune femme avait espéré un temps radieux pour ces retrouvailles, au lieu de cela cette pluie entêtante qui les avait suivis durant la fin de son voyage l’obligea à sortir son fichu. Devant elle, à travers un portail finement sculpté, se dessina une ancienne ferme bourguignonne surmontée d’une tourelle, entourée de vignes. Avisant une clochette, elle la fit tinter mais personne ne vint à sa rencontre.

 

-         Entre donc, Delphine. Mais tu es mouillée !

-         J’ai donné son congé à mon chauffeur, il aurait pu me conduire jusqu’au seuil de ta demeure mais je n’aime pas qu’il soit toujours sur mes talons. Tu n’as pas changé Sylvie, tu es toujours aussi ravissante.

-         Tu plaisantes, mes petits monstres ne me laissent pas un instant de répit pour me pomponner. Mais je t’ai conviée après leur coucher, en l’absence de mon mari pour que nous puissions bavarder à notre aise.

 

Sylvie Duval invita son amie à se changer dans la chambre, après lui avoir prêté une de ses tenues, un pantalon de soie noir et un élégant chemisier fuschia.

 

-         Nous voilà comme deux sœurs ! répondit en souriant Sylvie en regardant son amie dans le reflet de sa spyché.

Gamines, te souviens-tu, nous nous étions jurées, nous deviendrions des femmes d’affaires avisées et jamais nous ne encombrerions comme nos mères de marmots.

-         Oui, je m’en souviens, mais ce temps est révolu. Te voilà mère d’un troisième enfant, jamais encore je n’aurais cru cela possible il y a encore quelques années… Et, figure-toi, mon fiancé et moi voulons avoir un enfant. Je ne rêve plus que de cela.

 

A ces paroles, Sylvie Duval s’arrêta, interdite.

 

- Toi aussi, comment est-ce possible ?!

(…)

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