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La fée du logis 12 mars, 2015

Posté par Xuan VINCENT dans : Merveilleux,Sentimental , trackback

début de la nouvelle :

1

 

Je lisais le journal à la terrasse d’un café. Soudain, je me sentis observé. Deux yeux verts me fixaient, à quelques pas de moi derrière la vitre. « Une beauté ! D’où diable sort-elle ? » pensais-je. Esquissant un mouvement pour m’approcher de l’inconnue, je fus toutefois devancé. Avec une grâce féline, elle avait parcouru l’espace qui nous séparait.

 

- Qui êtes-vous, Madame ? fis-je lorsque je parvins à retrouver la parole

- Aurais-je tant changé, tu ne me reconnais donc pas ? Je t’ai si longtemps attendu…

 

Ces mots me laissèrent perplexes. Un regard d’un tel vert, il est certain que je ne l’aurais pas oublié or ce visage de femme m’était inconnu. Un instant, je fermais les yeux mais aucune relation amoureuse, même la plus éphémère depuis ma prime jeunesse, ne m’évoqua ce vert magnétique.

 

- Je suis désolé, répondis-je à regret, je ne crois pas vous connaître…

 

Partagé entre la gêne et l’envie d’en savoir plus sur cette belle inconnue, je gardai un moment les yeux baissés et me tus. « Tu t’es pourtant assis ce matin à la table trois, ne te souviens-tu pas de ta promesse ? » finit-elle par me répondre sur un ton de reproche, toujours en me regardant dans le blanc des yeux. Ce chiffre était effectivement mon chiffre fétiche mais c’était par un pur hasard que je me trouvais là. D’ordinaire, je préférais, pour ne pas être dérangé dans ma lecture, m’installer à l’une des tables du café dotées d’une seule chaise. Cet interrogatoire soudain me devint pesant et j’enfilai ma veste, décidé à partir plus tôt que

de coutume à mon travail.

 

-         Tu t’en vas déjà ? me dit-elle d’une voix blanche

 

Ma belle inconnue avait perdu de sa superbe, son visage s’était décomposé, je vis qu’elle était au bord des larmes. Il m’est pénible de voir une femme pleurer et je tentais de la calmer par des paroles de réconfort. Je ne savais toujours pas qui elle était mais si elle le souhaitait, elle pourrait me retrouver le matin dans ce café.

 

Dans le bus me menant à la mairie de Fécamp, où je travaillais au service des Affaires culturelles, je restais songeur. Cette femme aux yeux verts me connaissait-elle comme elle le prétendait ou bien cherchait-elle à me tromper ? Durant le restant de la journée, mes pensées vagabondaient, je peinais à me concentrer sur mes dossiers, j’étais comme envoûté. Au moment de me coucher, je tentais de chasser l’image des yeux verts, en vain. Finalement, la fatigue eut raison de moi et je sombrai dans un sommeil sans rêves.

 

* * *

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